Ils ont le flair affûté. Les cockers anglais de l’association Farah Dogs à Sierre (VS), complices et dévoués, sont spécialement dressés pour soutenir les diabétiques.
Très complices, Robin et sa chienne «Easy» ne se séparent que lorsque Robin doit se rendre à l’école.
«Chiens d’ange heureux», peut-on lire sur une petite pancarte à l’entrée du chenil. Une large bâtisse au toit de tôle ondulée, avec ses annexes, son parc et son enclos, dans la zone industrielle de Sierre (VS). Bien trouvée, la formule qui désigne une poignée de chiens d’assistance.
Oui, les locataires du lieu, joyeux cockers anglais, bergers australiens, labradoodles et vifs springers spaniels, sont spécialement dressés pour venir en aide aux diabétiques. Des petits anges gardiens sans ailes, mais copieusement poilus.
Bienvenue dans l’antre de Farah Dogs, une association qui a démarré en 2014 et qui compte environ 150 membres aujourd’hui.
Après avoir travaillé pendant vingt ans auprès des chiens d’assistance pour handicapés, j’étais convaincue de leur utilité.
J’ai voulu me spécialiser dans l’aide aux diabétiques et aux enfants autistes. J’ai donc lancé Farah Dogs, pris contact avec un éleveur et, le soir même, j’avais un chien. Ça a démarré sur les chapeaux de roue!», explique Nicole Boyer, directrice des lieux.
Stéphanie Nanchen (à g.), éducatrice, et Nicole Boyer (à dr.), directrice de l’association Farah Dogs qui forme les chiens d’assistance.
Une belle idée, mais qui prend du temps. Parce que les chiens sont choisis dès la naissance sur leurs compétences olfactives. Sans distinction de race, «ils ont tous un potentiel», mais avec une préférence pour les cockers, car ils sont «joueurs, petits mais endurants et ont une bonne bouille». Le chemin jusqu’à la formation complète prend deux ans pour un coût de Fr. 25 000.- (soins vétérinaires, visites aux familles d’accueil, déplacements, etc.).
Selon son niveau, le chien travaille chaque jour entre dix minutes et une heure d’affilée.
«Oui, c’est long. On a des demandes en attente. Mais il faut vraiment trouver le chien qui correspond au handicap et à la personne. C’est du sur-mesure», souligne Nicole Boyer. Du sur-mesure et une histoire de connivence et de feeling entre l’homme et l’animal. Car quoi qu’en pensent les humains, c’est le chien qui choisit son maître. Et non l’inverse. «Il faut aussi regarder le tempérament des deux. Un animal vif ne conviendra pas à une personne lente et âgée.
Il faut adapter les caractères, les styles de vie, tenir compte de l’environnement familial.
Comme l’association reste propriétaire des chiens, Nicole Boyer rend régulièrement visite aux bénéficiaires pour «s’assurer que les compagnons à quatre pattes vont bien et qu’ils font leur travail».
Le rôle primordial de la famille d’accueil
Ainsi, à deux mois, les chiots sont d’abord confiés à des familles d’accueil. Actuellement, elles sont six dans toute la Suisse à avoir accepté de pouponner un chien pendant dix-huit mois. Une partie de plaisir? Oui, mais aussi pas mal de contraintes. «C’est beaucoup de temps à investir. Pas besoin d’être une famille avec des enfants, mais
il faut s’entraîner avec le chien, l’éduquer, le socialiser, aller partout avec lui, et accepter de s’en séparer à la fin de la période. C’est souvent assez dur,
explique Stéphanie Nanchen, éducatrice canine, qui a elle-même joué ce rôle de famille d’accueil.
Passionnée, énergique, bras tatoué sauvage, la jeune femme vient épauler l’association pour le dressage olfactif des pensionnaires. «On travaille chaque jour entre dix minutes et une heure d’affilée suivant le niveau du chien. On essaie d’avoir une large palette d’exercices. On leur apprend à ouvrir un placard, à ramener un objet. Et surtout à détecter la molécule du diabète, d’abord dans un petit périmètre, puis dans un plus grand espace», explique Stéphanie Nanchen.
Une détermination des indices très précise
C’est justement au tour de Gaya, 2 ans, joyeux cocker anglais, de peaufiner sa formation ce jour-là. Avec la chabraque sur le dos, harnais rouge au motif de l’association, le chien semble prendre l’affaire au sérieux et se met à fureter dans la pièce, nez au plancher. L’éducatrice a caché des t-shirts dans des bocaux: l’un est imprégné de la molécule du diabète – l’hyperglycémie dégageant une forte odeur d’acétone –, l’autre est neutre. Ils sont ensuite placés dans différents lieux, parfois dans une botte, sous un pot, dans un sac ou simplement derrière un meuble.
Gaya parvient très vite à la cachette, sans se tromper de t-shirt. D’où récompense. «Quand le chien reconnaît la bonne odeur, il s’assied, pose la patte ou vient se frotter pour avertir. Dans tous les cas, je le félicite avec la voix, une caresse ou un biscuit. C’est vraiment bluffant!», dit la jeune femme. Qui poursuit:
Le chien court après une odeur au lieu de courir après une balle. Pour lui, ce n’est pas un travail, c’est un jeu!
Sûr que les toutous sont une précieuse présence auprès des personnes diabétiques, même s’ils ne remplacent pas les appareils de contrôle, lesquels ne sont d’ailleurs pas non plus infaillibles. Et Nicole Boyer ne compte pas en rester là. Elle envisage de développer des compétences pour les différents handicaps. Une première expérience auprès d’un enfant de 12 ans, atteint d’autisme, est prometteuse: «Le chien parvient à réduire les crises, il canalise le trop-plein et le sort de son monde.
Il paraît que, depuis que le chien est dans la famille, ce n’est plus le même enfant. Il sourit.
«Dans le malheur de la maladie, c’est une belle découverte!»
À 4 ans, Robin est un petit bonhomme plein d’entrain. Et de courage. Attachée autour de sa taille, une petite sacoche. À l’intérieur, une pompe à insuline lui injecte 24 heures sur 24 le dosage adéquat. Ce qui ne l’empêche ni de rire, ni de jouer, ni de courir après Easy, un jeune cocker anglais. «Diabétique, Robin a de grandes variations de glycémie. Son taux de sucre monte très haut, puis descend très bas en moins d’une demi-heure. Plusieurs fois, il a été à la limite de l’inconscience, avec tremblements et yeux révulsés», explique Sandra Schöpfer, sa maman.
Robin est constamment branché à une pompe à insuline rangée dans une pochette discrète.
Easy, qui ne quitte pas son petit partenaire d’une semelle sauf quand il va à l’école, peut apporter une aide précieuse en prévenant les brutales hypoglycémies, qui peuvent être dangereuses. «Le chien va régulièrement sentir Robin, et quand il met sa patte sur lui ou qu’elle vient vers nous, c’est un signe. On donne alors à Robin un bonbon ou du sirop. Le but n’est pas d’être remplacés, mais secondés, surtout la nuit», ajoute encore Sandra Schöpfer.
Peser tous les aliments, pour en vérifier la teneur en glucides, surveiller les signes avant-coureurs d’une crise sont devenus le quotidien de cette famille. Qui reste malgré tout unie et très positive. «Dans le malheur de la maladie, c’est une belle découverte! Easy a un lien particulier avec notre fils, elle le suit, dort dans la même chambre et pleure quand il part à l’école. C’est sécurisant pour nous et c’est une belle relation pour lui», sourit Cédric Schöpfer, son papa.
Michel Caloz peut avoir une totale confiance en son chien «Cactus», qui est capable de lui signaler une hypoglycémie même en pleine nuit. «Il s’appelle Cactus, mais il ne pique pas!», rigole Michel Caloz, 69 ans, en présentant son compagnon, un cocker anglais. Depuis une année, les deux font la paire, et rien ne pourrait les séparer. Ils veillent l’un sur l’autre, jour et nuit. Car Michel Caloz, diabétique de type 1, vit aujourd’hui seul, avec le risque de faire des comas glycémiques. «Je suis veuf depuis 2016. Avant, quand je faisais des crises d’hypoglycémie pendant la nuit, je transpirais et m’agitais dans le lit sans m’en rendre compte. Ma femme me réveillait pour que je boive un coca. Maintenant, c’est le chien. Il me lèche la main, le bras jusqu’au visage.» Les piqûres d’insuline avant chaque repas, Michel Caloz les connaît depuis l’âge de 35 ans. Il porte d’ailleurs en permanence un pod sur le bras gauche qui lui indique son taux de glycémie. Mais les crises sont insidieuses et surviennent souvent sans prévenir. «Il suffit que j’aie une forte contrariété, que je sois stressé ou que j’oublie mon bircher avant de me coucher et une crise survient pendant la nuit. En une année, Cactus m’a déjà sauvé la vie une quinzaine de fois. C’est un compagnon, un grand ami, un grand amour!»
Source de cet article : Migrosmagazine.ch Texte : Patricia Brambilla Photos : Dominic Steinmann
Un chien apporte un nouveau souffle à un autiste de 13 ans. L’ado et sa famille savourent cette bouffée d’oxygène inespérée.
Un avant et un après… Parents de trois enfants dont l’aîné est autiste, Alain et Delphine ont vu la vie familiale prendre des couleurs chatoyantes depuis l’automne. Cette touche de fraîcheur et de joie porte l’empreinte de Jeep, le chien d’accompagnement de Gregory.
Samedi, l’association valaisanne Farah-Dogs a organisé la cérémonie officielle de remise du chien d’accompagnement à l’ado de 13 ans. Après une immersion de cinq mois au sein de la famille basée à Renens, la mayonnaise a pris entre le labradoodle de 3 ans et son jeune maître. «Il est plus ouvert, parle davantage, discute avec des gens qui ne lui sont pas familiers, décrypte les émotions, s’ouvre aux changements. Il se réveille à 7 h avec le sourire pour aller promener Jeep», témoigne Delphine devant un public ému.
« Joie, empathie, échange et partage »
«Nous ressentons une nouvelle énergie qui a apaisé notre famille. Au départ, je pensais que ce chien allait être une charge supplémentaire pour nous. J’ai eu tort», sourit Alain.
Brillant à l’école malgré le trouble dont il est atteint, Gregory, fan de géométrie, dessine désormais de nouvelles formes. De nouvelles formes qui, d’après sa maman, épousent les lettres de Jeep: «joie, empathie, échange et partage». La fin du discours de Delphine est noyée par un concert d’aboiements. «Regardez, même les chiens applaudissent», rigole Pierre de Chastonay, président de Farah-Dogs.
Gregory et Jeep, un duo qui s’entend à merveille. (Photo: Jean-Claude Broccard)
Sans contrepartie financière
Basée à Sierre (VS), l’association Farah-Dogs vise à accroître l’autonomie des personnes handicapées. Même si la formation et le suivi du chien coûtent de 25 à 35’000fr., cette structure sans but lucratif met gracieusement l’animal à la disposition du bénéficiaire. «Nos activités ont lieu grâce au soutien de particuliers et de mécènes», relève l’association. Jeep est le troisième chien d’accompagnement de Farah-Dogs actif auprès d’un bénéficiaire. Infos: farah-dogs.ch
En aide aux autistes et aux diabétiques
Au début des années 2000, un instructeur de chiens d’aveugle a élaboré au Canada une formation destinée aux parents d’enfants autistes. En 2012, une fondation basée à Allschwil (BL) a lancé ce concept en Suisse. L’animal assiste le bénéficiaire et lui procure affection et sentiment de sécurité. Le chien peut aussi être une précieuse aide pour les diabétiques. Par son odorat, il peut détecter une baisse ou une hausse de glycémie et, si besoin, lancer l’alerte.
Source de cet article : 20min.ch – Ecrit par Abdoulaye Pendant Ndiaye
Grâce à elle, les cours de l’école spécialisée EPA de Saint-Cergue (VD) deviennent ludiques. Elle, c’est «Tahiti», une jeune Golden Retriever qui a pour mission d’aider les élèves en difficulté.
Sur sa table de soins, « Tahiti » fait sa star et prend la pose pour la photo
Dès notre entrée en classe, Tahiti nous accueille en amis. Queue fouettant le sol, la jeune Golden Retriever tourne autour de nous en poussant la tête contre notre main: c’est qu’il ne faudrait pas rater une minute de caresses! «Allez, viens là, Tahiti, couché!», la tempère son maître Stephan Läng, enseignant à l’école spécialisée et internat EPA (École Protestante d’Altitude) de Saint-Cergue, au-dessus de Nyon. C’est grâce à ce dernier que des enfants et ados ont la chance de bénéficier, depuis deux ans, de la présence bienveillante et bienfaisante d’un chien scolaire – le tout premier accrédité de Suisse romande. «J’aime trouver des projets qui puissent motiver les jeunes souffrant de troubles de l’apprentissage, explique-t-il. En réfléchissant à la manière de les motiver et de rendre leurs études plus concrètes, je me suis dit: «Pourquoi ne pas prendre un chien?» Stephan Läng écrit alors un projet, qu’il soumet à Olivier Girardet, le directeur de l’établissement. «J’ai eu la chance que celui-ci accepte et me soutienne à cent pour cent. Je suis alors allé chercher Tahiti, âgée de 4 mois, dans un élevage. Mais le projet était tellement précurseur en Suisse romande que cela a été ensuite un véritable parcours du combattant pour le mener à bien: j’ai dû suivre plusieurs formations à l’Institut français de zoothérapie, puis faire une demande au vétérinaire cantonal. J’ai reçu une première autorisation l’an passé, mais qui interdisait aux élèves de toucher la chienne: selon cet office, les jeunes auraient dû effectuer tous les gestes en lien avec elle sur un chien en peluche… J’ai dû insister plusieurs fois et attendre près d’un an et demi au total pour avoir le droit de m’inscrire aux tests PAM (Prévention des Accidents par Morsures de chiens) avec Tahiti. Nous les avons passés l’été dernier et disposons ainsi enfin d’une certification qui autorise officiellement Tahiti à accéder à toutes les classes du canton de Vaud.»
Stephan Läng utilise « Tahiti » pour illustrer un exercice de mathématiques
Entre toilettage et calcul
Celle-ci s’impatiente, car derrière la porte vitrée, ses copains de jeux se rassemblent peu à peu. À la sonnerie, ceux-ci entrent à la queue leu leu, les joues rougies par le froid, en nous jetant un regard curieux. Ils sont tous là: Laurie, Kiara, Gillian, Damien, Marc, Julien, Jérémy et Almir. Prêts à passer une nouvelle journée avec leur ange gardien à quatre pattes. Première tâche de la journée: brosser Tahiti. «Où sont les objets de toilettage?», demande d’un air important Damien, responsable ce matin du brossage au peigne large. Sur sa table de soins, Tahiti fait sa star et prend la pose pour la photo. Damien lui glisse une croquette et un petit bisou, avant que Jérémy ne prenne le relais du brossage avec le peigne fin. Mais cette fois-ci, Tahiti refuse de bouger, regard languissant et truffe posée sur ses pattes. «Allez, flemmarde, debout!», insiste Julien, qui vient à la rescousse et conseille à son camarade de la saisir à la taille. «Bon, allez, je te fais une petite coupe, murmure Jérémy à l’oreille de la chienne enfin levée. Mais c’est que tu en perds, des poils!»
« Tahiti » est bichonnée par les élèves…
Pendant ce temps, les plus grands se sont attelés à la résolution d’un problème, tout en gardant un œil attentif sur le toilettage en cours: si un chat et un lapin pèsent 10 kilos, qu’un chien et un lapin en font 20, et qu’un chat et un chien font 24 kilos, combien pèsent ensemble un chat, un chien et un lapin? «Pffffff, soupire Gillian, on peut prendre la calculatrice, M’sieur?» – «C’est l’avantage de la présence de Tahiti: tout le projet éducatif s’articule autour d’elle et permet d’aborder les différentes matières de manière ludique et didactique, souligne Stephan Läng en aparté. On peut ainsi faire du calcul en prenant en compte le budget que représente la possession d’un chien, le poids des croquettes, aborder le thème des fonctions et diagrammes en tenant à jour un graphique pour suivre l’évolution de son poids, faire des recherches internet, tout est possible! En parallèle, les élèves ont la responsabilité de nourrir et de soigner le chien. Ils vont également le promener trois fois par jour. Dans ce type de projet, votre seule limite est celle de votre créativité!» Ainsi, le nettoyage des dents de Tahiti permet de répéter les gestes adéquats, comme par exemple aller doucement de la gencive à la dent.
Almir calcule consciencieusement le poids des croquettes.
Ronde de questions
L’enseignant enchaîne avec un cours d’éducation sexuelle, par le biais d’une vidéo montrant Tahiti à sa naissance. «L’éleveur a pris des photos et fait des vidéos d’elle depuis sa naissance, explique-t-il. Vous pouvez les voir sur Vimeo, en tapant «Tahiti». Mais avec d’autres mots aussi, hein, sinon vous n’allez trouver que des trucs sur la Polynésie!» Tous les regards sont braqués sur le téléviseur, et l’image de la chienne Céleste qui, couchée sous une lampe chauffante, met au monde ses petits un à un. «On voit bien les contractions», commente Stephan Läng –«Moi, j’ai vécu l’accouchement de ma minette, annonce Kiara. Et il s’est passé un truc extraordinaire: le chien a aussi léché les bébés, et maintenant, ils l’adorent et se roulent sur lui!»
La vidéo fait ensuite naître une discussion animée sur les vrais et faux jumeaux et les enfants de la classe nés ou non par césarienne, puis une question fuse: «Pourquoi Tahiti n’a pas la même couleur que son père?» – «Ah, est-ce qu’on vous a déjà dit que vous avez les mêmes yeux que votre mère, ou le même nez que votre père? demande l’enseignant. «Oui, moi j’ai les mêmes dents que mon père!», s’exclame fièrement Kiara. «C’est quoi, qui permet cette ressemblance?» «La génétique!» – «Vous avez déjà vu des émissions policières où ils parlent de ça?» – «Pas besoin, y’a des jeux, aussi, M’sieur! Et aussi un dessin animé ou une BD, j’sais plus, avec un barbu qui explique tout ça!» – «Oui, c’est là qu’il y a la course entre les spermatozoïdes, M’sieur! En plus, certains se fracassent la tête contre l’ovule… non, j’rigole!» – «En arrivant à l’ovule avant les autres, vous êtes chacun arrivé premier à une course contre plusieurs millions de concurrents, c’est important de vous en souvenir!», souligne Stephan Läng, provoquant des rires triomphants.
Le brossage des dents permet de répéter les gestes adéquats.
La parole à chacun
Il est temps de s’installer en cercle pour le conseil, qui permet à chacun de prendre la parole pour faire le bilan de la semaine écoulée et donner des idées pour la suite du programme. «Moi, j’ai trouvé que ma semaine s’est bien passée, je suis content», annonce Marc. «Et moi, j’ai été très déçu de rater la sortie en raquettes parce que j’étais malade», déplore Julien. Après que chacun a participé à la discussion, il reste une petite heure pour que les grands terminent une fiche. Kiara, Jeremy et Julien, eux, s’affalent contre Tahiti pour la câliner. «Oh, elle m’a léchée», s’extasie Kiara, qui arbore fièrement un bracelet confectionné avec les mêmes cordelettes que le collier de la chienne – créé quant à lui par Julien lors d’une leçon de couture. Tandis qu’Almir calcule consciencieusement le poids de croquettes à donner à l’animal, Laurie va jeter un coup d’œil au menu affiché contre le mur: «Oh non, c’est celui de la semaine dernière! Je croyais qu’il y avait des pâtes, je meurs de faim!»
C’est effectivement la fin de la matinée – et l’heure du repas. Dans un tourbillon de vestes, tous s’envolent vers la cafétéria sans un regard en arrière. Avec un gros soupir, Tahiti se couche contre la porte et ferme les yeux: être la coqueluche de l’école, ce n’est décidément pas de tout repos!
Les élèves ont la responsabilité de promener « Tahiti » trois fois par jour.
L’art du dressage
Fort de son expérience personnelle, Stephan Läng explique l’importance du dressage, destiné à faire du chien un partenaire efficace: «Ce qui est primordial, c’est de lui faire découvrir le plus grand nombre de bruits, d’animaux, d’endroits, de gens, de moyens de transport, etc. avant l’âge de 4 mois. Tout ce qui sera découvert plus tard sera plus compliqué à faire accepter au chien.»
«Le dressage que j’ai pratiqué n’utilise pas de friandises mais plutôt la félicitation verbale et le «non», afin de faire comprendre au chien ce que l’on attend de lui. Le plus important pour un chien scolaire est évidemment de ne pas mordre, ni d’attraper une main ou autre entre les dents même pour jouer, et de ne pas avoir de prétention à dominer les humains. Le plaisir à côtoyer ces derniers est également primordial. Tout l’apprentissage doit se faire idéalement dans le milieu visé, c’est-à-dire en classe pour le jeune chien.»
«L’art de bien dresser un chien scolaire consiste à obtenir un équilibre entre dressage et spontanéité. Il ne faut pas en faire un robot! Cela n’aurait en effet aucun intérêt pour le travail de médiation et de régulation des troubles de l’apprentissage qui lui sera confié – sans oublier celui de prévention des accidents avec des chiens, que nous avons pour notre part eu l’occasion de découvrir et de travailler de manière approfondie.»
Cet article a été écrit par Véronique Kipfer Les photos ont été prises par Olivier Vogelsang Article publié dans le Migros Magazine le 7 février 2018
Le Conseil fédéral a adapté des ordonnances visant à améliorer la manière de traiter les animaux.
Dès le 1er mars 2018, quiconque vend un chien devra mentionner son adresse et la provenance de l’animal dans les petites annonces. Et les dispositifs visant à empêcher un toutou d’aboyer seront interdits, même ceux qui émettent un jet d’eau ou de l’air comprimé.
Le Conseil fédéral a adapté mercredi diverses ordonnances du domaine vétérinaire afin d’améliorer la manière de traiter les animaux. En vue d’une vente, outre son adresse et la provenance du chien, le propriétaire devra préciser le pays d’élevage.
Les exploitants des plateformes internet et les éditeurs des revues devront s’assurer que les données sont complètes. Pour renforcer la traçabilité des chiens importés, les informations à enregistrer dans la banque de données centrale sur les chiens ont en outre été précisées.
Etourdir les animaux
Quant aux décapodes marcheurs vivants, comme les homards, ils ne pourront plus être transportés sur de la glace ou dans de l’eau glacée, mais devront être détenus dans leur milieu naturel. Et il faudra les étourdir avant de les mettre à mort, car la pratique consistant à les plonger vivants dans de l’eau bouillante ne sera plus autorisée: les techniques d’étourdissement admises sont l’électricité et la destruction mécanique du cerveau.
La nouvelle mouture de l’ordonnance sur la protection des animaux définit encore les critères d’une «mise à mort correcte» lorsqu’un animal malade ou accidenté ne peut être soigné, ou uniquement au prix de grandes souffrances.
Manifestations
Lors d’expositions ou de compétitions sportives, l’organisateur devra veiller à ce qu’une personne compétente prenne soin des bêtes. Le détenteur restera le principal responsable du bien-être de ses animaux, mais l’organisateur sera tenu de prendre des mesures si un participant ne respecte pas ses obligations. Par ailleurs, il ne sera plus permis de présenter à des expositions des animaux sous une «contrainte de gravité moyenne ou sévère». (ats/nxp)
Le Musée des beaux-arts de Boston a décidé de former un chiot à la détection d’insectes susceptibles d’endommager des œuvres d’art. C’est une première
Il a les yeux couleur verveine, le pelage taupe argenté et une plutôt bonne bouille. Riley, un braque de Weimar de 3 mois, est surtout la nouvelle star du Musée des beaux-arts de Boston. Avec une mission bien précise: détecter les insectes susceptibles d’endommager des œuvres d’art. Il n’est pour l’instant qu’à la case entraînement. Mais si cet employé pas comme les autres parvient à remplir sa mission, Riley pourrait se targuer d’être le premier chien au monde à travailler dans un musée avec ce type de cahier des charges.
Cocasse? Pas forcément. Les responsables du musée, qui réussissent par ailleurs un formidable coup de marketing, admettent qu’il ne s’agit pour l’instant que d’un projet pilote, sans résultats garantis. Mais les braques de Weimar sont connus pour leur dextérité olfactive. Et si on associe généralement les chiens sniffeurs à la détection de drogues, d’explosifs, de cadavres, de faux billets de banque ou même de cancers, le rayon insectes a déjà été testé, avec succès. Les chiens entraînés à repérer des punaises de lit deviennent monnaie courante. Et au large de Los Angeles, dans les Channel Islands, un labrador a par exemple été formé pour lutter contre une espèce de fourmis invasive.
Reconnaître n’importe quelle substance
A priori, il n’y a donc aucune raison pour que Riley rate sa mission spéciale. Des chiens travaillent également dans la détection d’œufs de tortue. Ou d’excréments de jaguar. Chris Bugbee en sait quelque chose. Biologiste installé à Tucson, dans l’Arizona, cet herpétologue de formation s’est pris de passion pour les jaguars et a entraîné son berger malinois, Mayke, qui a raté son examen comme chien de gardes-frontières, à repérer des traces de félin. Un chien discipliné, avec un flair efficace, peut finalement être formé pour réagir aux odeurs de presque n’importe quels substance ou être vivant, avec un simple système de récompenses.
Au Canada, une hygiéniste industrielle travaille par exemple depuis 2005 avec des braques de Weimar pour dénicher des moisissures. Ils ont été entraînés en Floride, dans l’Académie canine de Bill Whitstine, spécialisée dans le domaine. L’hygiéniste promène ses chiens dans des écoles, hôpitaux ou entreprises, et intervient souvent après des travaux de décontamination pour s’assurer qu’il ne reste plus de traces de moisissures. L’expérience a toutefois ses limites, les chiens ayant de la peine à indiquer des traces qui ne se trouvent pas à hauteur de truffe.
La menace vient des visiteurs
Riley loge chez une employée du musée, Nicki Luongo, responsable de la sécurité. Elle a déjà, par le passé, entraîné des chiens policiers. Les responsables du musée se sont dit qu’elle serait à même de former un chien pour détecter la présence d’insectes nuisibles dans des matériaux en bois ou tissu. Voilà comment l’idée a germé. «Les discussions ont démarré en automne 2017, sur la meilleure façon de protéger nos collections», précise la porte-parole Karen Frascona. Les responsables du musée assurent qu’ils ne sont pour l’instant pas confrontés à ce fléau et que tout un protocole de mesures préventives est déjà prévu, y compris des mises en quarantaine d’œuvres d’art avant leur exposition, pour éviter ce genre de situation. Mais Riley serait une sorte de garde-fou supplémentaire, grâce à sa truffe que l’on espère toute-puissante. «Il devrait commencer à travailler dans environ un an, quand il aura fini son entraînement.»
La menace vient surtout du million de visiteurs que le musée – un des plus grands des Etats-Unis avec de très belles collections – attire chaque année. Des mites peuvent facilement se loger dans des habits puis décider de rester au musée. Riley ne sera pas directement confronté aux visiteurs, et ceux qui se précipitent au Musée des beaux-arts de Boston pour espérer le voir déambuler entre le D’où venons-nous? Que sommes-nous? Où allons-nous?de Paul Gauguin et La Petite Danseuse de quatorze ans d’Edgar Degas seront déçus: le chiot aux oreilles aussi larges que des escalopes aura droit à des visites privées. En dehors des heures d’ouverture.
Source de cet article : letemps.ch, Valérie de Graffenried